J. Boland — L'Amort Fraternel

Jack Boland, L’Amort Fraternel— Editions LA TRACE (69 pages)

Un court récit où le suspens allonge le texte d’une aura diabolique…

… où il est question d’un homme ayant perdu le goût des autres depuis belle lurette, de deux verres d’eau fraîche en attente dans le frigo et d’un portable qui sonne au mauvais moment…

L’homme en question guette son frère, de retour à la maison familiale après trente ans d’absence. Il lui voue une rancune indicible depuis qu’il le soupçonne d’avoir tué leur père, gravement malade. Il prépare sa vengeance…

« Parricide !

Chaque jour, durant ces trente années, j’ai ressassé le sens de ce mot, jusqu’à en user la trame. Je l’ai sans cesse décortiqué, lettre par lettre, jusqu’au seuil du dégoût. »

Ces ruminations sont-elles conformes à la réalité des faits ou reposent-elles sur des apparences soumises à l’interprétation d’un homme submergé par le chagrin consécutif à la perte du Père ?

Jack Boland plonge le lecteur dans un bain de suspens. La tension monte au fil des pages et bang… un retournement brutal de situation change la donne. J’ai été tenue en haleine d’un bout à l’autre du récit. La fin est fabuleuse… J’ai adoré ! Et ce titre : l’Amort fraternel… Il révèle le contenu du programme à lui seul…

« Je sens que l’immense marée de mes rancunes va regagner en tanin et devenir un très redoutable millésime. »

Un récit bref à lire d’une traite, gage d’une excellente soirée à ne pas voir le temps passer…

Jeanne Lerrante — 15/06/2022 

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